Éducation numérique : un outil essentiel pour protéger les femmes et les filles contre les violences en ligne

Dans un monde où la vie quotidienne s’étend désormais jusqu’aux écrans, les violences numériques deviennent une menace silencieuse mais réelle pour les femmes et les filles. Harcèlement, chantages, arnaques ciblées, désinformation touchant à la santé reproductive, atteintes à la vie privée… Ces formes d’abus, souvent invisibles, exigent des réponses adaptées. C’est dans ce contexte que le programme FemCheck, porté par Femmes et Médias pour le Changement et le Développement (FEMMECD), s’impose comme une initiative phare pour renforcer l’éducation numérique des jeunes femmes et les outiller face à ces risques.

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À Goma, le programme a récemment réuni 20 jeunes filles, étudiantes en communication et journalistes en formation, en marge de la journée internationale de la jeune fille, pour une session complète d’apprentissage consacrée aux compétences essentielles en ligne : navigation sécurisée, vérification des informations, compréhension du genre dans l’espace numérique et protection des données personnelles. L’objectif est clair : permettre aux jeunes femmes d’évoluer en ligne avec confiance, autonomie et esprit critique.

Pour mener à bien cette formation, FEMMECD a collaboré avec plusieurs partenaires qui apportent chacun leur expertise. Soma Media Lab, représenté par son directeur exécutif Fidèle Kitsa, a ouvert la séance avec une introduction approfondie à la vérification des faits. Dans un environnement saturé de fausses informations, comprendre les mécanismes de fabrication et de diffusion des rumeurs devient une compétence essentielle, notamment lorsque certaines intox ciblent directement les femmes.

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L’aspect genre a ensuite été développé par Rose Mathe, journaliste spécialisée dans la promotion du genre, qui a mis en lumière un point crucial : les fausses informations ne touchent pas tout le monde de la même manière. Les femmes et filles sont proportionnellement plus exposées aux contenus trompeurs liés à leur santé, leur sexualité, leur corps ou leur rôle dans la société. Comprendre cette dimension permet de mieux contrer les effets destructeurs de ces contenus et de développer des réflexes d’analyse adaptés.

Ange Kahemulo, Coordinatrice de FEMME.CD, a poussé encore plus loin cette réflexion en montrant la relation directe entre genre et fact-checking. Elle a démontré comment une vérification des faits sensible au genre permet non seulement d’identifier les fausses informations, mais aussi d’en comprendre l’impact spécifique sur les femmes et les filles – une approche devenue indispensable dans toute stratégie de lutte contre les violences numériques.

Au-delà de la vérification des faits, les participantes ont été formées à la protection de leurs données personnelles, un enjeu majeur dans une région où les arnaques en ligne ciblant les femmes se multiplient. Beaucoup d’escroqueries exploitent l’ignorance ou la vulnérabilité, notamment autour de la santé reproductive. En apprenant à sécuriser leurs comptes, reconnaître les tentatives de phishing ou éviter les sites frauduleux, ces jeunes femmes deviennent non seulement plus protégées, mais aussi capables de sensibiliser leur entourage.

Grâce au programme FemCheck, FEMMECD mise sur une approche complète : sessions pratiques avec les jeunes filles, sensibilisation en ligne, discussions communautaires et diffusion d’informations éducatives. L’objectif n’est pas seulement de réagir aux violences numériques, mais de les prévenir, en construisant une génération de jeunes femmes capables de reconnaître, comprendre et dénoncer les abus en ligne.

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L’utilisation de la plateforme FemCheck et son approche de fact-checking sensible au genre deviennent ainsi des leviers essentiels pour lutter contre la manipulation, les violences numériques et les discriminations qui persistent dans l’espace digital. Dans une région marquée par des crises et des inégalités profondes, ce type d’initiative redonne de la voix, de la confiance et de la sécurité aux femmes et aux filles.

Au côté de ses partenaires notamment Soma Media Lab, l’Union nationale de la presse du Congo (section Nord-Kivu) et la Ligue pour la solidarité congolaise, FEMME.CD continue de renforcer cette mission : faire de l’éducation numérique un rempart contre les violences en ligne et un outil d’autonomisation pour toutes les femmes.

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